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La Fed de Dallas prévoit : dans le scénario le plus extrême, le taux d'inflation aux États-Unis atteindrait 4 % d'ici la fin de l'année
Demandez à l’IA · Comment le blocus du détroit d’Hormuz fait-il concrètement grimper l’inflation aux États-Unis ?
Une étude récente de la Réserve fédérale de Dallas indique que le pincement du détroit d’Hormuz depuis cinq semaines a suffi à faire repartir l’inflation sous-jacente à la hausse. Si le détroit ne peut pas être rouvert complètement, l’inflation reviendra…
Une étude récente de la Réserve fédérale de Dallas montre que la guerre en Iran a provoqué une interruption durable du commerce mondial du pétrole, ce qui pourrait fortement faire grimper, d’ici la fin de l’année, l’inflation totale des États-Unis à plus de 4 %, et même entraîner, à court terme, une flambée encore plus violente.
Cependant, d’après un article publié par la Réserve fédérale de Dallas mardi, l’impact de ce choc sur les anticipations d’inflation semble relativement modéré à court terme, et presque négligeable à long terme.
Ces résultats de recherche pourraient fournir des indications importantes aux décideurs de la Réserve fédérale. Pour l’heure, ils s’efforcent de faire face à une série d’effets en cascade que les conflits incessants au Moyen-Orient pourraient avoir sur l’économie américaine. Bien que Trump ait accepté de suspendre pendant deux semaines les bombardements et les attaques contre l’Iran, des retournements possibles pourraient survenir par la suite.
Alors que l’effet des chocs liés aux droits de douane l’année dernière s’estompe progressivement, les responsables de la banque centrale avaient auparavant prévu que l’inflation reviendrait vers la cible de 2 % de la Réserve fédérale plus tard dans l’année.
Or, la flambée effrénée des prix du pétrole — le ressenti le plus direct pour les consommateurs américains, à savoir la hausse spectaculaire des prix de l’essence — menace de renverser totalement cette tendance. Les décideurs de la Réserve fédérale craignent non seulement que la hausse des prix réduise le pouvoir d’achat des ménages (“l’effet d’amincissement du portefeuille”), mais redoutent aussi qu’une résurgence de l’inflation ne désancre totalement les anticipations d’inflation, qui restent actuellement plutôt stables.
Le président de la Réserve fédérale de Chicago, Goolsbee, l’a dit très clairement mardi : « Plus vous vous éloignez de l’objectif de 2 %, plus il devient facile d’installer l’inflation dans les contrats. Les gens vont passer dire : “D’accord, si le taux d’inflation doit atteindre 5 %, alors mon salaire doit augmenter de 6 %” ; puis les entreprises vont dire : “Si nous devons augmenter les salaires de 6 %, alors nos prix de produits doivent augmenter de 7 %” ». Il a reconnu : « Pour une banque centrale, ou pour n’importe qui, c’est une situation extrêmement inconfortable. »
Ce document de travail de la Réserve fédérale de Dallas examine, pour le détroit d’Hormuz, l’impact que pourraient avoir différents scénarios de blocage sur l’inflation aux États-Unis. Cette artère vitale, qui transporte 20 % du pétrole mondial, est pratiquement bloquée depuis cinq semaines.
Les recherches constatent qu’en cas de blocage du détroit durant un trimestre, le taux d’inflation annualisé en mars pourrait bondir de 5,2 points. Toutefois, cet effet se dissiperait rapidement : on s’attend à ce qu’il n’ajoute qu’une hausse marginale de 0,35 point au taux d’inflation du quatrième trimestre.
Mais ils constatent que si le blocus se poursuit pendant trois trimestres (soit neuf mois), le prix du pétrole passerait d’environ 115 dollars par baril à 167 dollars de manière brutale, et le taux d’inflation du quatrième trimestre bondirait jusqu’à 1,8 point.
En janvier de cette année, la progression d’une année sur l’autre de l’indice des prix des dépenses de consommation personnelles (PCE), qui mesure l’inflation globale, s’établissait à 2,8 %, tandis que l’objectif de la Réserve fédérale est de 2 %.
Les chercheurs indiquent qu’en excluant l’inflation des prix des aliments et de l’énergie, si le détroit d’Hormuz se ferme pendant un trimestre, le taux d’inflation sous-jacente augmenterait de 0,18 point ; si la fermeture dure trois trimestres, il augmenterait d’environ 0,49 point. En janvier, l’inflation sous-jacente était de 3,1 %.
Les recherches montrent que la hausse des anticipations d’inflation des ménages resterait relativement limitée.
L’article indique que les anticipations d’inflation à un an pourraient au maximum augmenter de 0,8 point. Quant aux anticipations d’inflation à cinq à dix ans, qui retiennent le plus l’attention des décideurs de la Réserve fédérale, elles ne pourraient au maximum augmenter que très légèrement de 0,09 point.