Une déconnexion de stablecoin en octobre 2025 s’est transformée, quatre mois plus tard, en une débâcle totale de la société de gestion d’actifs on-chain MEV Capital. La taille de ses actifs sous gestion est passée de son pic de 1,5 milliard de dollars à environ 300 millions de dollars, soit une chute de 80 %, l’équipe centrale ayant été absorbée par l’institution luxembourgeoise Belem, tandis que le partenaire Midas a rapidement mis fin à la délégation de gestion. Il ne s’agit pas seulement de l’effondrement d’une seule entité, mais d’une explosion concentrée de la vulnérabilité en gestion des risques dans le processus d’institutionnalisation de la DeFi. Cet article, basé sur les données de DefiLlama et diverses sources, retrace le déroulement de l’événement, analyse les controverses du marché, et anticipe ses impacts profonds sur le paysage sectoriel.
Évaporation de 80 % de l’AUM, changement de gouvernance chez Belem
Selon DefiLlama, au 27 février 2026, la taille de l’actif sous gestion de MEV Capital est tombée à environ 300 millions de dollars, contre un sommet de 1,5 milliard de dollars en octobre 2025, soit une perte de 80 % en quatre mois. La cause immédiate est l’événement de déconnexion du stablecoin deUSD le 10 octobre 2025, qui a déclenché la liquidation automatique de plusieurs protocoles, entraînant une perte directe de plus de 10 millions de dollars pour MEV Capital.
Par ailleurs, la plateforme luxembourgeoise d’investissement en actifs numériques Belem Capital a annoncé, le 26 février 2026, la fin de la délégation de gestion à MEV Capital, internalisant l’équipe de gestion institutionnelle. Cette équipe comprend 10 experts en gestion d’actifs et en risques technologiques, désormais intégrés à la plateforme interne de Belem. De plus, le protocole de tokenisation Midas a coupé ses liens avec MEV Capital, nommant RockawayX comme gestionnaire stratégique de ses produits mMEV et mevBTC.
Quatre mois du sommet à la chute
MEV Capital est une société de gestion d’actifs on-chain basée à Vilnius et Dubaï, dont l’équipe est majoritairement composée de Français, spécialisée depuis longtemps dans les stratégies de rendement en DeFi, notamment exposée aux risques liés au stablecoin deUSD émis par Elixir.
10 octobre 2025 : déconnexion de deUSD, dont le prix chute brièvement sous 0,98 dollar, déclenchant la liquidation automatique de plusieurs protocoles de prêt et dérivés. MEV Capital, détenant une position importante dans deUSD pour ses stratégies de rendement, subit une perte de plus de 10 millions de dollars.
Quatrième trimestre 2025 : l’AUM commence à chuter brutalement, passant de son sommet de 1,5 milliard de dollars. Parallèlement, le chiffre d’affaires total de la société diminue de 86,8 % en un trimestre, passant de 6,1 millions de dollars au T4 2025 à 805 000 dollars au T1 2026.
Février 2026 : selon The Big Whale, le PDG Laurent Bourquin (ancien cadre de la Société Générale) disparaît du radar, une dizaine d’employés quittent l’entreprise, ne laissant qu’environ 5 personnes en poste.
26 février 2026 : Belem Capital annonce officiellement l’internalisation de l’équipe de MEV Capital et la fin de la gestion déléguée. La même journée, Midas indique que RockawayX prendra en charge la gestion stratégique de ses produits.
La racine du problème : une stratégie unique
Les données de DefiLlama révèlent la rythme et la profondeur de l’effondrement de MEV Capital. L’AUM, qui culminait à 1,5 milliard de dollars en octobre 2025, a chuté à environ 300 millions de dollars en février 2026, perdant 80 % en quatre mois.
Les revenus sont tout aussi catastrophiques :
Q1 2025 : pic à 10,62 millions de dollars ;
Q4 2025 : baisse à 6,1 millions de dollars ;
Q1 2026 : chute à 804 720 dollars, soit une baisse de 92,4 % par rapport au sommet.
Les profits trimestriels ont également plongé, passant de 608 910 dollars au Q4 2025 à 99 020 dollars au Q1 2026, soit une chute de 83,7 %.
Ces chiffres traduisent un problème structurel de stratégie trop concentrée. MEV Capital dépend fortement des stratégies de rendement liées à deUSD, un stablecoin algorithmique dont le mécanisme, en période de volatilité, a révélé des failles en matière de collatéralisation et de liquidité. Lors de la déconnexion, la chaîne de liquidations automatiques a explosé, entraînant non seulement des pertes directes mais aussi une pression de rachat et une atteinte à la réputation, provoquant un retrait massif des clients.
Catastrophe industrielle ou douleur de croissance ?
Les analyses du marché se concentrent sur trois aspects :
La “catastrophe industrielle” de la gestion des risques : The Big Whale, citant des sources proches, qualifie la déconnexion de deUSD de « véritable catastrophe industrielle » pour MEV Capital. Cela souligne l’échec du système de contrôle des risques — une concentration excessive sur un seul actif, sans couverture des seuils de liquidation.
La responsabilité managériale et l’absence de gouvernance : la “pause” du CEO Laurent Bourquin est perçue par certains comme une évitement de responsabilité, et le départ massif de l’équipe suggère des problèmes de gouvernance interne.
La “gestion d’urgence” par Belem : la déclaration de Belem insiste sur la “centralisation des risques et le cadre d’exécution”, ce que beaucoup voient comme une mesure corrective face aux failles de gestion des risques de MEV Capital, plutôt qu’une simple expansion commerciale.
D’autres pensent que la situation de MEV Capital reflète une douleur commune dans l’émergence d’un nouveau segment d’actifs en période de marché extrême, et ne doit pas être trop imputée à une seule équipe. La DeFi en est encore à ses débuts, et ses outils de gestion des risques manquent de maturité.
La logique derrière la séparation et la reprise
Les déclarations doivent être replacées dans le contexte sectoriel :
Belem affirme que “la délégation de gestion s’est simplement terminée naturellement”, mais la coïncidence temporelle avec l’effondrement de MEV Capital laisse penser à une séparation d’urgence pour préserver les actifs.
Midas a rapidement transféré ses activités à RockawayX, ce qui montre une perte totale de confiance dans la capacité de gestion de risques de MEV Capital, et reflète aussi la forte exigence de stabilité des clients institutionnels.
La mention d’environ 10 départs dans la presse correspond au nombre de membres intégrés dans l’équipe de Belem, ce qui indique que l’essentiel de l’équipe centrale de MEV Capital a été transféré chez Belem, la société d’origine étant désormais pratiquement dissoute.
Globalement, la vérité de l’événement et la communication officielle concordent : MEV Capital, suite à la déconnexion de deUSD, a connu une crise opérationnelle, et Belem a repris ses actifs en intégrant l’équipe, afin d’assurer la continuité pour les clients. Cependant, les détails concernant les erreurs de gestion interne ou la responsabilité des dirigeants restent peu transparents.
Un avertissement pour l’institutionnalisation de la DeFi
L’affaire MEV Capital aura plusieurs impacts sur le secteur de la gestion d’actifs en DeFi :
La confiance des investisseurs institutionnels sera fragilisée : les acteurs traditionnels seront plus stricts dans leur évaluation des risques, notamment en ce qui concerne la concentration stratégique et les mécanismes de liquidation en cas de marché extrême.
La refonte des modèles de gestion des risques : les stratégies de rendement liées à deUSD ou autres stablecoins algorithmiques seront soumises à des tests plus rigoureux, avec l’introduction potentielle de collatéraux multiples ou de couvertures dynamiques.
La surveillance réglementaire s’intensifiera : cet incident, impliquant des pertes pour de vrais clients, pourrait inciter les autorités à revoir la réglementation des sociétés de gestion en DeFi, notamment en matière d’enregistrement, de garde et de transparence.
La concentration des ressources : des acteurs plus solides en termes de gestion des risques, comme Belem ou RockawayX, pourraient absorber davantage d’activités en crise, renforçant la tendance vers une industrie plus conforme et institutionnalisée.
Trois scénarios possibles pour l’avenir
Faits
L’AUM de MEV Capital est passé de 1,5 milliard à 300 millions de dollars.
La société a subi une perte de plus de 10 millions de dollars liée à la déconnexion de deUSD, ses revenus ont chuté, et son équipe a été absorbée par Belem.
Belem et Midas ont mis fin à leur partenariat, les activités étant reprises par Belem et ses partenaires.
Opinions
Certains médias qualifient l’événement de “catastrophe industrielle”, insistant sur la perte de contrôle des risques.
Belem considère que l’internalisation de l’équipe est une “mesure d’intégration du cadre de gestion des risques”.
D’autres analystes pensent qu’il s’agit d’un processus normal de sélection et d’élimination dans la croissance de la DeFi.
Hypothèses
Court terme (3-6 mois) : d’autres gestionnaires exposés à deUSD ou à des stablecoins similaires pourraient subir des pertes potentielles, entraînant une réaction en chaîne, mais Belem et d’autres institutions accéléreront l’intégration d’équipes et d’actifs de qualité.
Moyen terme (6-12 mois) : l’industrie pourrait voir émerger des indicateurs standardisés de gestion des risques en DeFi, comme “limites de concentration stratégique” ou “tests de pression de liquidation”, devenant des critères d’évaluation incontournables.
Long terme (plus d’un an) : si la régulation intervient, la gestion d’actifs en DeFi pourrait se diviser en deux pôles : des protocoles totalement décentralisés et sans permission, et des entités réglementées, ces dernières attirant davantage de capitaux traditionnels.
Conclusion
Les quatre mois de turbulences de MEV Capital illustrent une étape inévitable dans la transition de la DeFi vers une gestion plus institutionnelle. La déconnexion de deUSD n’a été qu’un déclencheur, la racine du problème résidant dans la négligence des risques lors de la croissance rapide, ainsi que dans la faiblesse des stratégies de résilience. En intégrant l’équipe d’origine dans son propre cadre de gestion des risques, Belem montre une voie d’“évolution en temps de crise”. À l’avenir, seuls ceux qui priorisent la gestion des risques sur la croissance pourront traverser les cycles et gagner la confiance durable des investisseurs institutionnels. Pour l’ensemble de l’écosystème crypto, cet incident sonne une nouvelle alerte : la transparence et la robustesse resteront toujours les piliers pour que la DeFi gagne l’acceptation grand public.
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MEV Capital chute de 80 % Analyse approfondie : les risques de gestion intégrés par Belem et l'impact du décalage avec deUSD
Une déconnexion de stablecoin en octobre 2025 s’est transformée, quatre mois plus tard, en une débâcle totale de la société de gestion d’actifs on-chain MEV Capital. La taille de ses actifs sous gestion est passée de son pic de 1,5 milliard de dollars à environ 300 millions de dollars, soit une chute de 80 %, l’équipe centrale ayant été absorbée par l’institution luxembourgeoise Belem, tandis que le partenaire Midas a rapidement mis fin à la délégation de gestion. Il ne s’agit pas seulement de l’effondrement d’une seule entité, mais d’une explosion concentrée de la vulnérabilité en gestion des risques dans le processus d’institutionnalisation de la DeFi. Cet article, basé sur les données de DefiLlama et diverses sources, retrace le déroulement de l’événement, analyse les controverses du marché, et anticipe ses impacts profonds sur le paysage sectoriel.
Évaporation de 80 % de l’AUM, changement de gouvernance chez Belem
Selon DefiLlama, au 27 février 2026, la taille de l’actif sous gestion de MEV Capital est tombée à environ 300 millions de dollars, contre un sommet de 1,5 milliard de dollars en octobre 2025, soit une perte de 80 % en quatre mois. La cause immédiate est l’événement de déconnexion du stablecoin deUSD le 10 octobre 2025, qui a déclenché la liquidation automatique de plusieurs protocoles, entraînant une perte directe de plus de 10 millions de dollars pour MEV Capital.
Par ailleurs, la plateforme luxembourgeoise d’investissement en actifs numériques Belem Capital a annoncé, le 26 février 2026, la fin de la délégation de gestion à MEV Capital, internalisant l’équipe de gestion institutionnelle. Cette équipe comprend 10 experts en gestion d’actifs et en risques technologiques, désormais intégrés à la plateforme interne de Belem. De plus, le protocole de tokenisation Midas a coupé ses liens avec MEV Capital, nommant RockawayX comme gestionnaire stratégique de ses produits mMEV et mevBTC.
Quatre mois du sommet à la chute
MEV Capital est une société de gestion d’actifs on-chain basée à Vilnius et Dubaï, dont l’équipe est majoritairement composée de Français, spécialisée depuis longtemps dans les stratégies de rendement en DeFi, notamment exposée aux risques liés au stablecoin deUSD émis par Elixir.
La racine du problème : une stratégie unique
Les données de DefiLlama révèlent la rythme et la profondeur de l’effondrement de MEV Capital. L’AUM, qui culminait à 1,5 milliard de dollars en octobre 2025, a chuté à environ 300 millions de dollars en février 2026, perdant 80 % en quatre mois.
Les revenus sont tout aussi catastrophiques :
Les profits trimestriels ont également plongé, passant de 608 910 dollars au Q4 2025 à 99 020 dollars au Q1 2026, soit une chute de 83,7 %.
Ces chiffres traduisent un problème structurel de stratégie trop concentrée. MEV Capital dépend fortement des stratégies de rendement liées à deUSD, un stablecoin algorithmique dont le mécanisme, en période de volatilité, a révélé des failles en matière de collatéralisation et de liquidité. Lors de la déconnexion, la chaîne de liquidations automatiques a explosé, entraînant non seulement des pertes directes mais aussi une pression de rachat et une atteinte à la réputation, provoquant un retrait massif des clients.
Catastrophe industrielle ou douleur de croissance ?
Les analyses du marché se concentrent sur trois aspects :
D’autres pensent que la situation de MEV Capital reflète une douleur commune dans l’émergence d’un nouveau segment d’actifs en période de marché extrême, et ne doit pas être trop imputée à une seule équipe. La DeFi en est encore à ses débuts, et ses outils de gestion des risques manquent de maturité.
La logique derrière la séparation et la reprise
Les déclarations doivent être replacées dans le contexte sectoriel :
Globalement, la vérité de l’événement et la communication officielle concordent : MEV Capital, suite à la déconnexion de deUSD, a connu une crise opérationnelle, et Belem a repris ses actifs en intégrant l’équipe, afin d’assurer la continuité pour les clients. Cependant, les détails concernant les erreurs de gestion interne ou la responsabilité des dirigeants restent peu transparents.
Un avertissement pour l’institutionnalisation de la DeFi
L’affaire MEV Capital aura plusieurs impacts sur le secteur de la gestion d’actifs en DeFi :
Trois scénarios possibles pour l’avenir
Faits
Opinions
Hypothèses
Conclusion
Les quatre mois de turbulences de MEV Capital illustrent une étape inévitable dans la transition de la DeFi vers une gestion plus institutionnelle. La déconnexion de deUSD n’a été qu’un déclencheur, la racine du problème résidant dans la négligence des risques lors de la croissance rapide, ainsi que dans la faiblesse des stratégies de résilience. En intégrant l’équipe d’origine dans son propre cadre de gestion des risques, Belem montre une voie d’“évolution en temps de crise”. À l’avenir, seuls ceux qui priorisent la gestion des risques sur la croissance pourront traverser les cycles et gagner la confiance durable des investisseurs institutionnels. Pour l’ensemble de l’écosystème crypto, cet incident sonne une nouvelle alerte : la transparence et la robustesse resteront toujours les piliers pour que la DeFi gagne l’acceptation grand public.