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Accord bipartite au Sénat sur le rendement des stablecoins pourrait briser l'impasse de la loi CLARITY et XRP a le plus à gagner
Les sénateurs Angela Alsobrooks et Thom Tillis font circuler un cadre de compromis qui permettrait des récompenses de stablecoins fondées sur l’activité, tout en interdisant le rendement passif (passive yield). Il s’agit de tenter de lever les objections du secteur bancaire sans vider de sa substance l’utilité qui avait rendu cette disposition controversée dès le départ.
Le compromis sur le rendement qui pourrait tout débloquer
La loi CLARITY (CLARITY Act) a été bloquée sur une seule disposition depuis son introduction : la question de savoir si les stablecoins peuvent verser un rendement aux détenteurs. Les banques, menées de façon la plus visible par JPMorgan et Wells Fargo, ont fait valoir que des stablecoins portant intérêt déclencheraient une fuite des dépôts, les clients déplaçant leur épargne depuis les comptes bancaires vers des instruments crypto offrant un rendement plus élevé. Cet argument a empêché le projet de loi d’avancer malgré le soutien bipartisan à son cadre plus large pour les actifs numériques.
Le compromis Alsobrooks-Tillis cherche à « faire passer » la mesure en distinguant deux catégories de récompense. Le rendement passif, versé simplement pour détenir un solde de stablecoin, serait interdit. L’argument est que le rendement passif reproduit fonctionnellement un compte d’épargne sans exiger d’assurance FDIC, de réserves de capital, ni aucune des protections des consommateurs qui encadrent les dépôts bancaires. La sénatrice Alsobrooks a décrit cela à l’aide d’un « test du canard » : si une récompense fait « comme » un intérêt, elle doit être réglementée comme un intérêt.
Les récompenses fondées sur l’activité seraient autorisées. Les paiements liés aux transferts pair-à-pair, aux virements de fonds (remittances), aux programmes de fidélité, à la fourniture de liquidité et à d’autres transactions spécifiques resteraient légaux. Cette distinction crée un stablecoin qui fait concurrence par l’utilité plutôt que par le rendement, ce que les banques disent pouvoir accepter. Le PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, a indiqué que le secteur bancaire soutiendrait une structure de récompense strictement basée sur les transactions. Ce signal est significatif. La banque qui mène le défi juridique contre les chartes crypto de l’OCC via la Bank Policy Institute signale, en parallèle, sa volonté d’accepter la loi CLARITY si la disposition sur le rendement est suffisamment encadrée.
Le calendrier et les probabilités
Le PDG de Ripple, Brad Garlinghouse, a accordé une probabilité de 80 % d’adoption de la loi CLARITY d’ici la fin avril 2026 si le compromis tient. Cette estimation reflète la pression politique qui monte des deux côtés. La période de campagne des élections de mi-mandat absorbera plus tard dans l’année les capacités du Congrès, ce qui fait de la fenêtre actuelle le chemin le plus réaliste vers l’adoption. Les acteurs de l’industrie qui attendaient une clarté juridique avant de prendre des engagements institutionnels poussent à une résolution avant que cette fenêtre ne se referme.
L’ancien président de la CFTC, Christopher Giancarlo, a donné une probabilité de 60-40 d’adoption lorsqu’il s’exprimait dans le podcast Wolf of All Streets le 7 mars, comme relaté dans cette publication. Le chiffre de Garlinghouse est plus optimiste et pourrait refléter des informations mises à jour sur la réception du cadre de compromis. Les deux estimations restent nettement au-dessus de la moitié des chances, ce qui représente un changement significatif par rapport à la position du projet de loi avant l’émergence du cadre de rendement bipartisan.
L’implication pour XRP
La disposition la plus déterminante de la loi CLARITY pour XRP est sa classification formelle de l’actif en tant que commodité numérique plutôt qu’en tant que titre (security). Cette classification permettrait de lever l’ambiguïté réglementaire qui a empêché les banques américaines d’intégrer l’infrastructure du XRP Ledger pour la liquidité à la demande (On-Demand Liquidity) et le règlement transfrontalier. Le produit ODL de Ripple traite déjà des paiements transfrontaliers via XRP sur les marchés internationaux. Le système bancaire américain a été largement exclu de cette infrastructure précisément parce que la caractérisation antérieure du XRP par la SEC a créé un risque juridique pour toute institution qui y toucherait.
La classification en commodité dans le cadre de CLARITY supprime entièrement ce risque. Les banques qui surveillaient la technologie de Ripple sans s’engager dans une intégration seraient confrontées à une barrière juridique nettement plus faible. Les annonces de partenariats institutionnels que Ripple a décrites comme étant en attente de la certitude réglementaire pourraient arriver dans un calendrier resserré après l’adoption.
L’activité on-chain de XRP couverte plus tôt aujourd’hui, avec 2,7 millions de transactions quotidiennes et 461 millions de dollars d’actifs tokenisés sur le registre, se construit en prévision de cette clarté plutôt que d’attendre celle-ci. Que le prix, actuellement consolidé à 1,37 $, commence à intégrer une probabilité d’adoption de 80 % avant avril dépend de la question de savoir si le Sénat indique que le compromis tient.