Récemment, le « marathonien » du domaine DeFi, Pendle, a annoncé une mise à jour majeure : l’abolition de son modèle économique veTokenomics (économie de gouvernance par vote en dépôt) en vigueur depuis plusieurs années, pour se tourner vers un sPENDLE à la liquidité plus forte.
Cette annonce a rapidement suscité des débats au sein de la communauté. Michael Egorov, fondateur de Curve, a immédiatement publié un message remettant en question cette décision, affirmant que « l’abandon du modèle ve est une erreur ». Cependant, le marché a répondu par un vote avec de l’argent réel — le prix de PENDLE a ainsi augmenté de 11 %.
En tant que leader incontesté dans le secteur des produits dérivés de taux d’intérêt, cette réforme « autodestructrice » de Pendle concerne non seulement la croissance de ses 3,5 milliards de dollars de TVL, mais constitue aussi une sorte de jugement public sur le récit central de la DeFi des trois dernières années : ce modèle basé sur le « verrouillage » en échange de « fidélité » semble avoir perdu de son efficacité.
Les chaînes du verrouillage : 20 % de la gouvernance « minoritaire »
Malgré une croissance significative des revenus de Pendle ces deux dernières années, la performance de son actif de gouvernance principal, vePENDLE, n’a jamais totalement suivi la croissance explosive du protocole.
Une vérité encore plus dure est la suivante :
La « disparité des récompenses » : le système complexe de votes manuels hebdomadaires est très peu convivial pour les utilisateurs ordinaires, concentrant ainsi les récompenses entre les mains de quelques joueurs professionnels.
La fausse prospérité de l’efficacité : bien que le rendement annualisé de Pendle soit excellent — environ 13,99 millions de dollars de frais annuels et 13,83 millions de dollars de revenus annuels — en décomposant ces chiffres par pool, on constate que plus de 60 % des pools opèrent en perte, le protocole dépendant à long terme des profits de quelques pools de qualité (comme Ethena) pour subventionner les pools moins efficaces.
Ce « verrouillage » non transférable, qui coupe l’utilisateur de la capacité de déconnexion, prive complètement ses détenteurs de la caractéristique la plus puissante de la DeFi : la composabilité.
Algorithmes et rachats : du « manuel » à l’« automatique »
La nouvelle proposition de Pendle, sPENDLE, consiste essentiellement à transformer le protocole d’un « jeu de pouvoir » en un « outil d’efficacité ».
Le changement le plus notable est la libération de la liquidité : les utilisateurs n’ont plus à faire face à des verrouillages de plusieurs années, mais à une période de sortie de 14 jours. En cas de besoin urgent de fonds, il suffit de payer 5 % de frais pour racheter instantanément. Ce traitement « liquide » offre une flexibilité accrue pour environ 1,27 milliard de dollars de fonds stakés (soit 35,51 % de la capitalisation).
Au niveau de la gouvernance, Pendle introduit deux « armes secrètes » :
Distribution pilotée par algorithme : la répartition des récompenses, autrefois décidée par vote humain, est désormais confiée à un algorithme. Ce modèle, basé sur la contribution réelle des pools, devrait réduire globalement l’émission d’environ 30 %.
Rachat substantiel : jusqu’à 80 % des revenus du protocole seront directement utilisés pour racheter des PENDLE et les distribuer aux stakers. Actuellement, le revenu annuel pour les détenteurs est de 11,06 millions de dollars, avec un total de frais dépassant 64,56 millions de dollars. Ce mécanisme de rachat renforcera la valeur du token en réinjectant ces gains dans sa valeur.
Ce changement implique forcément une réorganisation des intérêts. Pour rassurer les « vétérans » ayant verrouillé leurs fonds pendant plusieurs années, Pendle a prévu une snapshot le 29 janvier.
Selon le plan, les détenteurs actuels de vePENDLE pourront obtenir jusqu’à 4 fois la récompense en sPENDLE lors de la conversion. Ce bonus décroît linéairement en fonction de la durée restante du verrouillage initial, garantissant que les anciens utilisateurs qui soutiennent encore le protocole conservent une influence et des bénéfices importants lors de la transition. Cette conception atténue habilement les inquiétudes concernant la « rupture de la cohérence à long terme ».
Ce changement a instantanément « dynamisé » PENDLE. Le marché préfère clairement ces actifs liquides, qui peuvent être retirés à tout moment tout en participant aux bénéfices du rachat, plutôt que cette promesse de « long terme » qui semble sans fin.
Troisième point, la controverse : cohérence ou liquidité ?
Mais cette approche n’est pas unanimement appréciée par tous les acteurs du secteur.
Le « camp adverse », Michael Egorov, fondateur de Curve :
« Abandonner le modèle économique basé sur la gouvernance par vote est une erreur. Le concevoir dès le départ comme « dégradable » est également une erreur. À long terme, cette décision de Pendle est très mauvaise — mais le plus critique, c’est que lorsque cette opération devient mécanisme « possible », sa réalisation devient inévitable. »
Sid Powell, co-fondateur et CEO de Maple, pense que le verrouillage à long terme revient à « forcer la conservation du capital », ce qui masque souvent le vrai risque du protocole et concentre excessivement le pouvoir. La démarche de Pendle consiste à « ne plus forcer la fidélité par le verrouillage, mais à attirer par le rendement ».
L’essence de cette controverse est : un protocole DeFi mature doit-il avoir comme avantage concurrentiel la « taille de ses verrouillages » ou « l’attractivité de ses produits » ?
En réalité, Pendle n’est pas une exception.
Au fil des années de cycles haussiers et baissiers de la DeFi, plusieurs protocoles historiques ont compris que la fidélité obtenue par le « verrouillage » est en fait une dette sur l’avenir du protocole.
PancakeSwap a été l’un des pionniers de cette transformation. Dès fin 2023, il a commencé à réformer son ancien système exigeant un verrouillage de CAKE pendant quatre ans. Grâce à l’introduction du mécanisme de distribution flexible veCAKE (Revenue Share), PancakeSwap distribue directement 5 % des frais du protocole aux stakers, sans imposer une immobilisation de plusieurs années. D’ici fin 2025, malgré la concurrence multi-chaînes, son TVL a rebondi à environ 2,3 milliards de dollars, attirant de nombreux petits investisseurs qui ne veulent pas être enfermés à long terme.
La trajectoire de Balancer est également très instructive : son modèle veBAL a longtemps été en difficulté, avec près de 80 % des tokens en « gouvernance inactive », c’est-à-dire que la majorité des détenteurs ne verrouillent pas ou ne votent pas. En 2025, lors de la mise à jour v3, l’équipe a complètement révisé la structure d’incitation : introduction d’options de verrouillage court et de réglages automatiques des frais, transformant la gouvernance d’un « devoir » en un outil flexible. En six mois, la participation à la gouvernance a augmenté d’environ 40 %.
Une expérimentation plus radicale vient du protocole stablecoin Ethena. En septembre dernier, il a lancé un « interrupteur de frais » qui distribue directement les revenus du protocole aux détenteurs de sENA, évitant complètement le modèle complexe de vote en dépôt.
Ces exemples illustrent une nouvelle tendance : les protocoles DeFi évoluent d’un « verrouillage forcé » à une stratégie de « fidélisation par de réels bénéfices ». Le verrouillage était une solution pour stabiliser les données, mais il a aussi créé une fausse prospérité. Aujourd’hui, ils privilégient la réduction des barrières à la participation et l’amélioration de l’efficacité des fonds pour stimuler une activité réelle.
L’efficacité de cette transformation de Pendle sera testée après la fin officielle du verrouillage de vePENDLE, le 29 janvier. Mais quoi qu’il en soit, elle envoie un message clair à l’industrie : dans le futur de la DeFi, un bon produit ne doit pas faire de ses utilisateurs des « prisonniers du staking ».
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Pendle supprime la « clôture » : du « verrouillage » au « fidélisation » des utilisateurs
Récemment, le « marathonien » du domaine DeFi, Pendle, a annoncé une mise à jour majeure : l’abolition de son modèle économique veTokenomics (économie de gouvernance par vote en dépôt) en vigueur depuis plusieurs années, pour se tourner vers un sPENDLE à la liquidité plus forte.
Cette annonce a rapidement suscité des débats au sein de la communauté. Michael Egorov, fondateur de Curve, a immédiatement publié un message remettant en question cette décision, affirmant que « l’abandon du modèle ve est une erreur ». Cependant, le marché a répondu par un vote avec de l’argent réel — le prix de PENDLE a ainsi augmenté de 11 %.
En tant que leader incontesté dans le secteur des produits dérivés de taux d’intérêt, cette réforme « autodestructrice » de Pendle concerne non seulement la croissance de ses 3,5 milliards de dollars de TVL, mais constitue aussi une sorte de jugement public sur le récit central de la DeFi des trois dernières années : ce modèle basé sur le « verrouillage » en échange de « fidélité » semble avoir perdu de son efficacité.
Les chaînes du verrouillage : 20 % de la gouvernance « minoritaire »
Malgré une croissance significative des revenus de Pendle ces deux dernières années, la performance de son actif de gouvernance principal, vePENDLE, n’a jamais totalement suivi la croissance explosive du protocole.
Une vérité encore plus dure est la suivante :
Ce « verrouillage » non transférable, qui coupe l’utilisateur de la capacité de déconnexion, prive complètement ses détenteurs de la caractéristique la plus puissante de la DeFi : la composabilité.
Algorithmes et rachats : du « manuel » à l’« automatique »
La nouvelle proposition de Pendle, sPENDLE, consiste essentiellement à transformer le protocole d’un « jeu de pouvoir » en un « outil d’efficacité ».
Le changement le plus notable est la libération de la liquidité : les utilisateurs n’ont plus à faire face à des verrouillages de plusieurs années, mais à une période de sortie de 14 jours. En cas de besoin urgent de fonds, il suffit de payer 5 % de frais pour racheter instantanément. Ce traitement « liquide » offre une flexibilité accrue pour environ 1,27 milliard de dollars de fonds stakés (soit 35,51 % de la capitalisation).
Au niveau de la gouvernance, Pendle introduit deux « armes secrètes » :
Ce changement implique forcément une réorganisation des intérêts. Pour rassurer les « vétérans » ayant verrouillé leurs fonds pendant plusieurs années, Pendle a prévu une snapshot le 29 janvier.
Selon le plan, les détenteurs actuels de vePENDLE pourront obtenir jusqu’à 4 fois la récompense en sPENDLE lors de la conversion. Ce bonus décroît linéairement en fonction de la durée restante du verrouillage initial, garantissant que les anciens utilisateurs qui soutiennent encore le protocole conservent une influence et des bénéfices importants lors de la transition. Cette conception atténue habilement les inquiétudes concernant la « rupture de la cohérence à long terme ».
Ce changement a instantanément « dynamisé » PENDLE. Le marché préfère clairement ces actifs liquides, qui peuvent être retirés à tout moment tout en participant aux bénéfices du rachat, plutôt que cette promesse de « long terme » qui semble sans fin.
Troisième point, la controverse : cohérence ou liquidité ?
Mais cette approche n’est pas unanimement appréciée par tous les acteurs du secteur.
Le « camp adverse », Michael Egorov, fondateur de Curve :
« Abandonner le modèle économique basé sur la gouvernance par vote est une erreur. Le concevoir dès le départ comme « dégradable » est également une erreur. À long terme, cette décision de Pendle est très mauvaise — mais le plus critique, c’est que lorsque cette opération devient mécanisme « possible », sa réalisation devient inévitable. »
Sid Powell, co-fondateur et CEO de Maple, pense que le verrouillage à long terme revient à « forcer la conservation du capital », ce qui masque souvent le vrai risque du protocole et concentre excessivement le pouvoir. La démarche de Pendle consiste à « ne plus forcer la fidélité par le verrouillage, mais à attirer par le rendement ».
L’essence de cette controverse est : un protocole DeFi mature doit-il avoir comme avantage concurrentiel la « taille de ses verrouillages » ou « l’attractivité de ses produits » ?
En réalité, Pendle n’est pas une exception.
Au fil des années de cycles haussiers et baissiers de la DeFi, plusieurs protocoles historiques ont compris que la fidélité obtenue par le « verrouillage » est en fait une dette sur l’avenir du protocole.
PancakeSwap a été l’un des pionniers de cette transformation. Dès fin 2023, il a commencé à réformer son ancien système exigeant un verrouillage de CAKE pendant quatre ans. Grâce à l’introduction du mécanisme de distribution flexible veCAKE (Revenue Share), PancakeSwap distribue directement 5 % des frais du protocole aux stakers, sans imposer une immobilisation de plusieurs années. D’ici fin 2025, malgré la concurrence multi-chaînes, son TVL a rebondi à environ 2,3 milliards de dollars, attirant de nombreux petits investisseurs qui ne veulent pas être enfermés à long terme.
La trajectoire de Balancer est également très instructive : son modèle veBAL a longtemps été en difficulté, avec près de 80 % des tokens en « gouvernance inactive », c’est-à-dire que la majorité des détenteurs ne verrouillent pas ou ne votent pas. En 2025, lors de la mise à jour v3, l’équipe a complètement révisé la structure d’incitation : introduction d’options de verrouillage court et de réglages automatiques des frais, transformant la gouvernance d’un « devoir » en un outil flexible. En six mois, la participation à la gouvernance a augmenté d’environ 40 %.
Une expérimentation plus radicale vient du protocole stablecoin Ethena. En septembre dernier, il a lancé un « interrupteur de frais » qui distribue directement les revenus du protocole aux détenteurs de sENA, évitant complètement le modèle complexe de vote en dépôt.
Ces exemples illustrent une nouvelle tendance : les protocoles DeFi évoluent d’un « verrouillage forcé » à une stratégie de « fidélisation par de réels bénéfices ». Le verrouillage était une solution pour stabiliser les données, mais il a aussi créé une fausse prospérité. Aujourd’hui, ils privilégient la réduction des barrières à la participation et l’amélioration de l’efficacité des fonds pour stimuler une activité réelle.
L’efficacité de cette transformation de Pendle sera testée après la fin officielle du verrouillage de vePENDLE, le 29 janvier. Mais quoi qu’il en soit, elle envoie un message clair à l’industrie : dans le futur de la DeFi, un bon produit ne doit pas faire de ses utilisateurs des « prisonniers du staking ».
Auteur : Bootly