## Système monétaire numérisé : comment fonctionne la CBDC
L'époque où l'argent liquide dans votre poche perdait sa forme physique pour n'exister que sur un smartphone ou un ordinateur—ce scénario se rapproche déjà de la réalité. Plus de 130 pays dans le monde développent des monnaies numériques de banque centrale (CBDC). Il est donc pertinent de se pencher à nouveau sur ce qu'est une CBDC et sur l'impact qu'elle pourrait avoir sur l'avenir de la finance.
## La CBDC comme évolution de la monnaie légale
La cbdc est essentiellement une version numérique de la monnaie légale émise et gérée par la banque centrale de chaque pays. Contrairement aux monnaies existantes comme le dollar américain ou l'euro, la CBDC est entièrement soutenue par la crédibilité du gouvernement et l'autorité de la banque centrale. Ce concept est similaire à celui de la monnaie légale déclarée par le gouvernement comme étant une monnaie, mais la différence décisive réside dans sa forme numérique.
Alors que les cryptomonnaies comme le Bitcoin fonctionnent sur des réseaux décentralisés, la CBDC est totalement centralisée. Cette caractéristique permet une intégration fluide dans le système financier existant et une mise en œuvre plus directe de la politique monétaire.
## Deux formes d'exploitation de la CBDC : retail et wholesale
La CBDC se divise en deux catégories selon le public cible.
**CBDC de détail** : destinée aux consommateurs et aux entreprises, elle est accessible via des portefeuilles numériques ou des applications mobiles. Elle peut être subdivisée en deux types : le modèle basé sur un compte, via une banque centrale ou un intermédiaire agréé, et le modèle basé sur des tokens, permettant des transferts P2P comme avec de l'argent liquide.
**CBDC de gros** : réservée aux institutions financières telles que les banques commerciales ou les opérateurs de paiement, elle vise à améliorer l'efficacité des transactions de gros et à accélérer les règlements interbancaires. Elle est particulièrement utile pour réduire les coûts des transferts internationaux.
## Défis et risques concrets
L’introduction de la CBDC comporte des défis importants. La protection de la vie privée est en tête de liste : contrairement à l’argent liquide anonyme, les transactions numériques peuvent faire l’objet d’une surveillance par le gouvernement. La vulnérabilité aux cyberattaques est également une préoccupation majeure. Une faille ou un piratage du système CBDC pourrait éroder la confiance dans le système financier dans son ensemble.
Il faut aussi considérer l’impact potentiel sur le secteur bancaire traditionnel. Si les consommateurs transfèrent leurs dépôts directement vers des portefeuilles CBDC, cela pourrait limiter la capacité des banques à prêter. De plus, la mise en œuvre nécessite d’importants investissements dans l’infrastructure technologique, la réglementation, et l’éducation du public.
## Bénéfices attendus de la mise en œuvre
Malgré ces défis, les avantages de la CBDC justifient largement les coûts. En permettant des transactions directes entre la banque centrale et l’utilisateur, sans intermédiaire, elle réduit le temps de paiement et les coûts de transaction. La croissance mondiale des paiements mobiles, estimée à plus de 26,5 trillions de dollars d’ici 2032, sera probablement accélérée par la CBDC.
L’inclusion financière est également un aspect clé. Selon la Banque mondiale, environ 1,4 milliard d’adultes n’ont pas de compte bancaire. La CBDC, accessible via un smartphone, pourrait permettre à tous d’accéder au système financier officiel, facilitant ainsi les transferts, l’épargne et les transactions de base.
Elle pourrait aussi renforcer l’efficacité de la politique monétaire. La gestion de la masse monétaire, la lutte contre l’inflation, l’introduction de taux négatifs pourraient devenir plus directes. De plus, chaque transaction étant enregistrée sur un registre numérique traçable, cela pourrait contribuer à lutter contre le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et d’autres crimes financiers.
## La situation mondiale : déploiement des CBDC par pays
Pour comprendre ce qu’est une CBDC, il est essentiel d’observer des exemples concrets. Les Bahamas ont été le premier pays à lancer le « Sand Dollar » en octobre 2020. Ensuite, la Jamaïque (« Jam-Dex », juillet 2022) et le Nigeria (« e-Naira », octobre 2021) ont suivi.
En Asie, l’activité est encore plus dynamique. La Chine mène de vastes tests pilotes du yuan numérique (e-CNY) dans plusieurs villes. L’Inde a lancé en novembre 2022 le projet « Digital Rupee » avec des plans d’expansion. La Russie développe le « Digital Rouble » et le Brésil travaille sur « Drex », qui est passé en phase de test en mars 2023.
Les pays avancés ne sont pas en reste : la Suède avec l’« e-krona », la Corée du Sud avec le « Digital Won », et les Émirats arabes unis avec le « Digital Dirham » ont tous lancé des projets pilotes. La « DCash » de l’Union économique des Caraïbes orientales (ECCU) dessert plusieurs îles, illustrant une approche régionale.
## Différences fondamentales avec les cryptomonnaies
Pour bien comprendre ce qu’est une CBDC, il faut la comparer aux cryptomonnaies. Le Bitcoin (BTC, actuellement 92,87K$) ou l’Ethereum (ETH, actuellement 3,21K$) fonctionnent sur des blockchains décentralisées, sans gestionnaire central. Cela leur confère une grande confidentialité et liberté, mais aussi une volatilité importante.
En revanche, la CBDC bénéficie du soutien officiel du gouvernement, assurant stabilité et fiabilité. En tant que moyen de paiement numérique réglementé, elle vise à maintenir la confiance dans le système financier. En résumé, les cryptomonnaies offrent liberté et potentiel de rendement élevé, tandis que la CBDC garantit stabilité et légitimité, formant une relation complémentaire.
## Conclusion : se préparer à l’ère de la monnaie numérique
La cbdc n’est pas simplement une version numérique de l’argent liquide, mais une évolution du système financier lui-même. Elle promet une amélioration spectaculaire de l’efficacité des paiements, une inclusion financière accrue, et une meilleure efficacité de la politique monétaire. Cependant, la protection de la vie privée, la cybersécurité et la stabilité financière doivent faire l’objet d’une réflexion approfondie.
Alors que chaque pays accélère ses efforts de développement de la CBDC, il est crucial d’adopter une approche globale pour minimiser les risques tout en maximisant les bénéfices. L’avenir de l’argent sera probablement numérique, et la CBDC jouera un rôle central dans sa formation. Pour les décisions d’investissement, il est conseillé de faire des recherches approfondies et de consulter des experts.
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## Système monétaire numérisé : comment fonctionne la CBDC
L'époque où l'argent liquide dans votre poche perdait sa forme physique pour n'exister que sur un smartphone ou un ordinateur—ce scénario se rapproche déjà de la réalité. Plus de 130 pays dans le monde développent des monnaies numériques de banque centrale (CBDC). Il est donc pertinent de se pencher à nouveau sur ce qu'est une CBDC et sur l'impact qu'elle pourrait avoir sur l'avenir de la finance.
## La CBDC comme évolution de la monnaie légale
La cbdc est essentiellement une version numérique de la monnaie légale émise et gérée par la banque centrale de chaque pays. Contrairement aux monnaies existantes comme le dollar américain ou l'euro, la CBDC est entièrement soutenue par la crédibilité du gouvernement et l'autorité de la banque centrale. Ce concept est similaire à celui de la monnaie légale déclarée par le gouvernement comme étant une monnaie, mais la différence décisive réside dans sa forme numérique.
Alors que les cryptomonnaies comme le Bitcoin fonctionnent sur des réseaux décentralisés, la CBDC est totalement centralisée. Cette caractéristique permet une intégration fluide dans le système financier existant et une mise en œuvre plus directe de la politique monétaire.
## Deux formes d'exploitation de la CBDC : retail et wholesale
La CBDC se divise en deux catégories selon le public cible.
**CBDC de détail** : destinée aux consommateurs et aux entreprises, elle est accessible via des portefeuilles numériques ou des applications mobiles. Elle peut être subdivisée en deux types : le modèle basé sur un compte, via une banque centrale ou un intermédiaire agréé, et le modèle basé sur des tokens, permettant des transferts P2P comme avec de l'argent liquide.
**CBDC de gros** : réservée aux institutions financières telles que les banques commerciales ou les opérateurs de paiement, elle vise à améliorer l'efficacité des transactions de gros et à accélérer les règlements interbancaires. Elle est particulièrement utile pour réduire les coûts des transferts internationaux.
## Défis et risques concrets
L’introduction de la CBDC comporte des défis importants. La protection de la vie privée est en tête de liste : contrairement à l’argent liquide anonyme, les transactions numériques peuvent faire l’objet d’une surveillance par le gouvernement. La vulnérabilité aux cyberattaques est également une préoccupation majeure. Une faille ou un piratage du système CBDC pourrait éroder la confiance dans le système financier dans son ensemble.
Il faut aussi considérer l’impact potentiel sur le secteur bancaire traditionnel. Si les consommateurs transfèrent leurs dépôts directement vers des portefeuilles CBDC, cela pourrait limiter la capacité des banques à prêter. De plus, la mise en œuvre nécessite d’importants investissements dans l’infrastructure technologique, la réglementation, et l’éducation du public.
## Bénéfices attendus de la mise en œuvre
Malgré ces défis, les avantages de la CBDC justifient largement les coûts. En permettant des transactions directes entre la banque centrale et l’utilisateur, sans intermédiaire, elle réduit le temps de paiement et les coûts de transaction. La croissance mondiale des paiements mobiles, estimée à plus de 26,5 trillions de dollars d’ici 2032, sera probablement accélérée par la CBDC.
L’inclusion financière est également un aspect clé. Selon la Banque mondiale, environ 1,4 milliard d’adultes n’ont pas de compte bancaire. La CBDC, accessible via un smartphone, pourrait permettre à tous d’accéder au système financier officiel, facilitant ainsi les transferts, l’épargne et les transactions de base.
Elle pourrait aussi renforcer l’efficacité de la politique monétaire. La gestion de la masse monétaire, la lutte contre l’inflation, l’introduction de taux négatifs pourraient devenir plus directes. De plus, chaque transaction étant enregistrée sur un registre numérique traçable, cela pourrait contribuer à lutter contre le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et d’autres crimes financiers.
## La situation mondiale : déploiement des CBDC par pays
Pour comprendre ce qu’est une CBDC, il est essentiel d’observer des exemples concrets. Les Bahamas ont été le premier pays à lancer le « Sand Dollar » en octobre 2020. Ensuite, la Jamaïque (« Jam-Dex », juillet 2022) et le Nigeria (« e-Naira », octobre 2021) ont suivi.
En Asie, l’activité est encore plus dynamique. La Chine mène de vastes tests pilotes du yuan numérique (e-CNY) dans plusieurs villes. L’Inde a lancé en novembre 2022 le projet « Digital Rupee » avec des plans d’expansion. La Russie développe le « Digital Rouble » et le Brésil travaille sur « Drex », qui est passé en phase de test en mars 2023.
Les pays avancés ne sont pas en reste : la Suède avec l’« e-krona », la Corée du Sud avec le « Digital Won », et les Émirats arabes unis avec le « Digital Dirham » ont tous lancé des projets pilotes. La « DCash » de l’Union économique des Caraïbes orientales (ECCU) dessert plusieurs îles, illustrant une approche régionale.
## Différences fondamentales avec les cryptomonnaies
Pour bien comprendre ce qu’est une CBDC, il faut la comparer aux cryptomonnaies. Le Bitcoin (BTC, actuellement 92,87K$) ou l’Ethereum (ETH, actuellement 3,21K$) fonctionnent sur des blockchains décentralisées, sans gestionnaire central. Cela leur confère une grande confidentialité et liberté, mais aussi une volatilité importante.
En revanche, la CBDC bénéficie du soutien officiel du gouvernement, assurant stabilité et fiabilité. En tant que moyen de paiement numérique réglementé, elle vise à maintenir la confiance dans le système financier. En résumé, les cryptomonnaies offrent liberté et potentiel de rendement élevé, tandis que la CBDC garantit stabilité et légitimité, formant une relation complémentaire.
## Conclusion : se préparer à l’ère de la monnaie numérique
La cbdc n’est pas simplement une version numérique de l’argent liquide, mais une évolution du système financier lui-même. Elle promet une amélioration spectaculaire de l’efficacité des paiements, une inclusion financière accrue, et une meilleure efficacité de la politique monétaire. Cependant, la protection de la vie privée, la cybersécurité et la stabilité financière doivent faire l’objet d’une réflexion approfondie.
Alors que chaque pays accélère ses efforts de développement de la CBDC, il est crucial d’adopter une approche globale pour minimiser les risques tout en maximisant les bénéfices. L’avenir de l’argent sera probablement numérique, et la CBDC jouera un rôle central dans sa formation. Pour les décisions d’investissement, il est conseillé de faire des recherches approfondies et de consulter des experts.