Michael Burry lance l'alarme : les dernières achats de titres du Trésor par la Fed masquent une fragilité bancaire profonde au milieu d'une nouvelle série de crises

L’investisseur légendaire qui avait prévu l’effondrement financier de 2008 tire désormais la sonnette d’alarme sur la manœuvre la plus récente de la Réserve fédérale. Michael Burry a publiquement contesté le récit entourant ce que les autorités appellent “Achats de gestion de réserves” (RMP), arguant plutôt que la Fed relance essentiellement une nouvelle phase d’assouplissement quantitatif — une manœuvre stratégique conçue pour masquer les vulnérabilités fondamentales du secteur bancaire plutôt que pour représenter des opérations de marché routinières.

Le contexte de la tension systémique

Le calendrier de l’intervention de la Fed en dit long. Dans un contexte de tensions croissantes sur le marché des accords de rachat $12 trillion, la Réserve fédérale a annoncé qu’elle commencerait à acquérir des titres du Trésor à court terme afin de maintenir des niveaux de réserves adéquats. La Fed de New York a spécifiquement détaillé ses plans d’achat de $40 milliards de dollars en titres du Trésor à court terme sur une période de 30 jours, marquant la dernière escalade depuis l’arrêt de ses efforts de normalisation de son bilan quelques jours auparavant.

Cette action fait suite à une période de turbulence sur les marchés qui a secoué les marchés monétaires. Le rendement des obligations à 2 mois a bondi après l’annonce, tandis que les obligations à plus long terme ont progressé, un schéma qui souligne la détresse de liquidité qui s’empare des marchés financiers. Burry interprète ces mouvements comme la preuve que le système bancaire américain reste piégé dans l’après-turmoil régional de 2023 et n’a jamais vraiment retrouvé son équilibre.

Déchiffrer le “Couvre-feu”

La thèse centrale de Burry tranche à travers le langage bureaucratique : qualifier ce mécanisme d’“Achats de gestion de réserves” n’est qu’un déguisement linguistique pour ce qui équivaut à une nouvelle vague de soutien d’urgence de la Fed. Son analyse met en lumière une réalité préoccupante — malgré le fait que les banques américaines détiennent désormais plus de $3 trillion de réserves (en hausse par rapport à 2,2 trillions de dollars avant la crise de 2023), le système financier continue de dépendre du soutien vital de la banque centrale.

“Si le système bancaire ne peut pas survivre sans dépasser $3 trillion en réserves ou sans le soutien de la Fed, ce n’est pas de la force,” insiste Burry. “C’est un signe flagrant de faiblesse structurelle.” Il avertit également que chaque nouvelle crise semble piéger la Fed dans un cycle sans fin : étendre le bilan après chaque choc ou risquer une collapse du financement. Ce schéma, selon lui, révèle à quel point l’infrastructure financière est devenue dépendante d’un stimulus monétaire perpétuel.

Désalignement stratégique et signaux de risque

La dynamique opérationnelle souligne le contexte d’urgence. Le Département du Trésor dépend de plus en plus de l’émission de bons à court terme, tandis que la Fed se concentre exclusivement sur l’achat de ces instruments — une danse coordonnée conçue pour empêcher une hausse trop brutale des rendements à long terme. Les données après la réunion du FOMC ont confirmé ce scénario : les rendements à court terme ont augmenté tandis que le rendement du bon à 10 ans a diminué.

La volatilité du marché des repo persiste comme un signe d’alerte. Les analystes prévoient que la Fed pourrait devoir intensifier encore davantage ses interventions pour naviguer dans d’éventuelles tensions de liquidité en fin d’année. Certains anticipent que le SOFR (Taux de financement garanti overnight) pourrait chuter rapidement après des injections de liquidités, bien que le taux des fonds fédéraux réagisse plus lentement — créant ainsi des fenêtres d’arbitrage potentielles pour les investisseurs sophistiqués.

Implications pour les investisseurs et positionnement de protection

L’avertissement de Burry s’étend aussi bien aux investisseurs particuliers qu’aux investisseurs institutionnels. Il met explicitement en garde contre l’écoute des narratifs de Wall Street qui prônent l’accumulation d’actions bancaires comme une stratégie prudente. Pour les dépôts dépassant le seuil d’assurance FDIC de 250 000 dollars, il recommande de se tourner vers des fonds du marché monétaire du Trésor comme mesure de protection.

La distinction entre le QE traditionnel et le RMP importe peu en termes pratiques, car les deux mécanismes signalent une réalité sous-jacente : la stabilité financière dépend désormais de la volonté de la Fed d’injecter continuellement de la liquidité. Qu’on l’appelle par son nom technique ou qu’on en reconnaisse la véritable nature, cette nouvelle série d’achats révèle que la santé apparente du système bancaire masque une fragilité structurelle plus profonde nécessitant une intervention perpétuelle de la banque centrale pour éviter l’effondrement.

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