La problématique de la régulation de l’industrie des cryptomonnaies aux États-Unis se trouve à un point critique. L’année prochaine pourrait être celle où un cadre réglementaire global pour les actifs numériques sera consolidé, mais elle pourrait aussi être celle où des conflits politiques et des obstacles législatifs empêchent cette avancée.
Évaluation réaliste du secteur : 50 à 60 % de chances de succès
Lors d’un entretien avec The Block, des experts en politique cryptographique évaluent la probabilité que la loi globale sur la régulation des actifs numériques soit légiférée d’ici 2026 à entre 50 % et 60 %. Cette estimation repose sur des signaux positifs indiquant une discussion active entre les membres des deux partis, mais elle reflète aussi la présence d’obstacles techniques et politiques importants à surmonter.
Kevin Wysocki, responsable politique chez Anchorage Digital, estime la probabilité de passage de la loi à environ 50 %. Il indique : « La communication régulière entre les membres républicains et démocrates au sein du Congrès est un signe positif », mais il souligne aussi que « la législation qui couvre la loi bancaire, la loi sur les valeurs mobilières et la loi sur les produits dérivés est très complexe ».
La dualité et le défi de l’intégration du cadre législatif
Actuellement, deux commissions du Sénat avancent sur des voies différentes pour le projet de loi.
La commission bancaire du Sénat cherche à clarifier la compétence entre la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), en introduisant une nouvelle catégorie appelée « actifs auxiliaires » pour définir quels cryptos ne relèvent pas des valeurs mobilières. Par ailleurs, la commission agricole du Sénat, qui supervise la CFTC, a proposé un projet de texte conférant de nouveaux pouvoirs à cette dernière.
Un porte-parole de la commission bancaire a déclaré : « Le président Scott et la commission ont réalisé des progrès importants avec leurs collègues des deux partis, et visent à examiner la loi début 2026 ». Cependant, le plan initial, qui prévoyait un vote avant la fin de l’année, n’a pas abouti.
Point de friction clé 1 : stablecoins et paiement d’intérêts
Le sujet le plus brûlant entre régulateurs et industrie concerne la monétisation des stablecoins.
Position du secteur financier traditionnel : des associations bancaires affirment que la « loi GENIUS sur les stablecoins » existante ne limite pas suffisamment la rémunération des émetteurs de stablecoins. Elles craignent que cela ne transforme ces actifs en simples moyens de paiement ou en instruments d’épargne, tout en créant des « incitations de marché déloyales » face aux banques traditionnelles.
Position de l’industrie cryptographique : à l’inverse, l’industrie considère que la rémunération des stablecoins est une expression d’une concurrence saine sur le marché. Cela reflète une différence fondamentale de position par rapport au système financier centré sur les banques.
Point de friction clé 2 : régulation de DeFi et l’ombre de Gary Gensler
La régulation de la finance décentralisée (DeFi) constitue aussi un enjeu majeur. La question centrale est de savoir quelle institution aura le dernier mot pour déterminer si un jeton est une valeur mobilière ou un produit.
Cody Carbon, CEO de la Digital Commerce Chamber, affirme : « La principale inquiétude de l’industrie est que la SEC pourrait devenir l’arbitre ultime ». Il évoque la ligne dure adoptée par la SEC sous la mandat de Gary Gensler, ajoutant : « Il est très préoccupant que la SEC, sous l’approche de Gensler, devienne la seule police de la cryptosphère, en prenant toutes les décisions ». La crainte que la politique de Gensler influence durablement le cadre réglementaire des cryptomonnaies est récurrente dans les négociations législatives.
Point de friction clé 3 : conflit d’intérêts de l’administration Trump
L’implication de Donald Trump dans la sphère financière des cryptomonnaies influence aussi la dynamique législative. Selon Bloomberg, Trump et ses deux fils ont gagné environ 6,2 milliards de dollars via le projet DeFi et stablecoins de World Liberty Financial, qu’ils ont cofondé, et détiennent aussi 20 % de la société de minage de Bitcoin, American Bitcoin.
De plus, le lancement du meme coin TRUMP et MELANIA, juste avant l’investiture, suscite des inquiétudes chez certains parlementaires. La sénatrice républicaine Cynthia Lummis a indiqué que la Maison-Blanche avait participé aux discussions sur les clauses éthiques, mais que le texte proposé par elle et le sénateur démocrate Ruben Gallego avait été rejeté.
Point de friction clé 4 : vacance au sein de la CFTC et ses implications politiques
Le poste vacant à la CFTC constitue un facteur de négociation. Au cours de l’année écoulée, quatre membres, dont Christine Johnson et Christy Goldsmith Romero (démocrates), ainsi que Caroline Van et Summer Mersinger (républicains), ont quitté la commission. Caroline Van agit actuellement en tant que présidente par intérim, mais un nouveau président, Mike Selig, doit être confirmé avant de prendre ses fonctions.
Carbon souligne : « Aucun sénateur ne souhaite vraiment laisser cette institution, qui est une commission de 5 membres, avec un seul président, détenir un tel pouvoir ». Cela sert d’outil de négociation pour les démocrates.
La course contre la montre : 2026 comme échéance décisive
Le temps pour faire adopter la loi se réduit rapidement. Carbon explique que, une fois la version du Sénat prête, il faudra passer par un vote en commission, puis une fusion avec la version de la commission agricole, avant un vote au Sénat dans son ensemble. Ensuite, il faudra aussi ajuster la version adoptée par la Chambre en été.
Il ajoute : « Si le vote au Sénat n’a pas lieu en janvier, ce sera très préoccupant », et « au minimum, un vote du Sénat dans les 6 prochaines semaines serait nécessaire pour considérer cela comme positif ».
Wysocki estime que les législateurs disposent de suffisamment de temps pour faire passer la loi au premier semestre de l’année prochaine, mais que la saison électorale prendra ensuite le dessus. Le financement gouvernemental ne dure que jusqu’au 30 janvier 2026, et si aucun accord budgétaire n’est trouvé à cette date, une fermeture du gouvernement pourrait interrompre le processus législatif.
La compétition avec le calendrier politique : l’ombre des élections intermédiaires
Certains sénateurs démocrates sont en faveur de la loi et souhaitent qu’elle soit adoptée. Cependant, avec l’approche des élections de mi-mandat, leur attention risque de se disperser, et d’autres priorités comme la négociation budgétaire pourraient prendre le dessus.
Rebekah Riao, CEO de Saga et ancienne membre de l’équipe de campagne de l’ancien président Biden, souligne : « La campagne des élections intermédiaires pourrait attirer davantage l’attention sur le conflit d’intérêts de Trump dans la cryptosphère ». Elle ajoute : « Le Parti démocrate façonne un message contre le « privilège » et la question des profits indus de certains membres de l’administration sera régulièrement critiquée ».
Conclusion : l’urgence d’un cadre réglementaire clair
Interrogée sur le risque que la loi ne soit pas adoptée en 2026, Riao insiste : « Étant donné que les institutions financières entrent déjà dans le secteur des actifs numériques, des mesures doivent être prises ». Elle prévoit que « pour que la cryptomonnaie soit réellement adoptée à grande échelle, la clarté réglementaire est essentielle, et cette discussion se poursuivra ».
Comme elle le souligne, si aucune avancée législative n’est réalisée d’ici le premier semestre 2026, l’adoption d’un cadre global pour les actifs numériques pourrait devenir encore plus difficile dans le contexte des élections intermédiaires et des enjeux budgétaires. L’avenir de l’industrie cryptographique américaine dépendra des progrès réalisés dans les 6 prochaines semaines.
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Quelle sera la durée restante avant l'adoption du projet de loi global sur les cryptomonnaies en 2026 ?
La problématique de la régulation de l’industrie des cryptomonnaies aux États-Unis se trouve à un point critique. L’année prochaine pourrait être celle où un cadre réglementaire global pour les actifs numériques sera consolidé, mais elle pourrait aussi être celle où des conflits politiques et des obstacles législatifs empêchent cette avancée.
Évaluation réaliste du secteur : 50 à 60 % de chances de succès
Lors d’un entretien avec The Block, des experts en politique cryptographique évaluent la probabilité que la loi globale sur la régulation des actifs numériques soit légiférée d’ici 2026 à entre 50 % et 60 %. Cette estimation repose sur des signaux positifs indiquant une discussion active entre les membres des deux partis, mais elle reflète aussi la présence d’obstacles techniques et politiques importants à surmonter.
Kevin Wysocki, responsable politique chez Anchorage Digital, estime la probabilité de passage de la loi à environ 50 %. Il indique : « La communication régulière entre les membres républicains et démocrates au sein du Congrès est un signe positif », mais il souligne aussi que « la législation qui couvre la loi bancaire, la loi sur les valeurs mobilières et la loi sur les produits dérivés est très complexe ».
La dualité et le défi de l’intégration du cadre législatif
Actuellement, deux commissions du Sénat avancent sur des voies différentes pour le projet de loi.
La commission bancaire du Sénat cherche à clarifier la compétence entre la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), en introduisant une nouvelle catégorie appelée « actifs auxiliaires » pour définir quels cryptos ne relèvent pas des valeurs mobilières. Par ailleurs, la commission agricole du Sénat, qui supervise la CFTC, a proposé un projet de texte conférant de nouveaux pouvoirs à cette dernière.
Un porte-parole de la commission bancaire a déclaré : « Le président Scott et la commission ont réalisé des progrès importants avec leurs collègues des deux partis, et visent à examiner la loi début 2026 ». Cependant, le plan initial, qui prévoyait un vote avant la fin de l’année, n’a pas abouti.
Point de friction clé 1 : stablecoins et paiement d’intérêts
Le sujet le plus brûlant entre régulateurs et industrie concerne la monétisation des stablecoins.
Position du secteur financier traditionnel : des associations bancaires affirment que la « loi GENIUS sur les stablecoins » existante ne limite pas suffisamment la rémunération des émetteurs de stablecoins. Elles craignent que cela ne transforme ces actifs en simples moyens de paiement ou en instruments d’épargne, tout en créant des « incitations de marché déloyales » face aux banques traditionnelles.
Position de l’industrie cryptographique : à l’inverse, l’industrie considère que la rémunération des stablecoins est une expression d’une concurrence saine sur le marché. Cela reflète une différence fondamentale de position par rapport au système financier centré sur les banques.
Point de friction clé 2 : régulation de DeFi et l’ombre de Gary Gensler
La régulation de la finance décentralisée (DeFi) constitue aussi un enjeu majeur. La question centrale est de savoir quelle institution aura le dernier mot pour déterminer si un jeton est une valeur mobilière ou un produit.
Cody Carbon, CEO de la Digital Commerce Chamber, affirme : « La principale inquiétude de l’industrie est que la SEC pourrait devenir l’arbitre ultime ». Il évoque la ligne dure adoptée par la SEC sous la mandat de Gary Gensler, ajoutant : « Il est très préoccupant que la SEC, sous l’approche de Gensler, devienne la seule police de la cryptosphère, en prenant toutes les décisions ». La crainte que la politique de Gensler influence durablement le cadre réglementaire des cryptomonnaies est récurrente dans les négociations législatives.
Point de friction clé 3 : conflit d’intérêts de l’administration Trump
L’implication de Donald Trump dans la sphère financière des cryptomonnaies influence aussi la dynamique législative. Selon Bloomberg, Trump et ses deux fils ont gagné environ 6,2 milliards de dollars via le projet DeFi et stablecoins de World Liberty Financial, qu’ils ont cofondé, et détiennent aussi 20 % de la société de minage de Bitcoin, American Bitcoin.
De plus, le lancement du meme coin TRUMP et MELANIA, juste avant l’investiture, suscite des inquiétudes chez certains parlementaires. La sénatrice républicaine Cynthia Lummis a indiqué que la Maison-Blanche avait participé aux discussions sur les clauses éthiques, mais que le texte proposé par elle et le sénateur démocrate Ruben Gallego avait été rejeté.
Point de friction clé 4 : vacance au sein de la CFTC et ses implications politiques
Le poste vacant à la CFTC constitue un facteur de négociation. Au cours de l’année écoulée, quatre membres, dont Christine Johnson et Christy Goldsmith Romero (démocrates), ainsi que Caroline Van et Summer Mersinger (républicains), ont quitté la commission. Caroline Van agit actuellement en tant que présidente par intérim, mais un nouveau président, Mike Selig, doit être confirmé avant de prendre ses fonctions.
Carbon souligne : « Aucun sénateur ne souhaite vraiment laisser cette institution, qui est une commission de 5 membres, avec un seul président, détenir un tel pouvoir ». Cela sert d’outil de négociation pour les démocrates.
La course contre la montre : 2026 comme échéance décisive
Le temps pour faire adopter la loi se réduit rapidement. Carbon explique que, une fois la version du Sénat prête, il faudra passer par un vote en commission, puis une fusion avec la version de la commission agricole, avant un vote au Sénat dans son ensemble. Ensuite, il faudra aussi ajuster la version adoptée par la Chambre en été.
Il ajoute : « Si le vote au Sénat n’a pas lieu en janvier, ce sera très préoccupant », et « au minimum, un vote du Sénat dans les 6 prochaines semaines serait nécessaire pour considérer cela comme positif ».
Wysocki estime que les législateurs disposent de suffisamment de temps pour faire passer la loi au premier semestre de l’année prochaine, mais que la saison électorale prendra ensuite le dessus. Le financement gouvernemental ne dure que jusqu’au 30 janvier 2026, et si aucun accord budgétaire n’est trouvé à cette date, une fermeture du gouvernement pourrait interrompre le processus législatif.
La compétition avec le calendrier politique : l’ombre des élections intermédiaires
Certains sénateurs démocrates sont en faveur de la loi et souhaitent qu’elle soit adoptée. Cependant, avec l’approche des élections de mi-mandat, leur attention risque de se disperser, et d’autres priorités comme la négociation budgétaire pourraient prendre le dessus.
Rebekah Riao, CEO de Saga et ancienne membre de l’équipe de campagne de l’ancien président Biden, souligne : « La campagne des élections intermédiaires pourrait attirer davantage l’attention sur le conflit d’intérêts de Trump dans la cryptosphère ». Elle ajoute : « Le Parti démocrate façonne un message contre le « privilège » et la question des profits indus de certains membres de l’administration sera régulièrement critiquée ».
Conclusion : l’urgence d’un cadre réglementaire clair
Interrogée sur le risque que la loi ne soit pas adoptée en 2026, Riao insiste : « Étant donné que les institutions financières entrent déjà dans le secteur des actifs numériques, des mesures doivent être prises ». Elle prévoit que « pour que la cryptomonnaie soit réellement adoptée à grande échelle, la clarté réglementaire est essentielle, et cette discussion se poursuivra ».
Comme elle le souligne, si aucune avancée législative n’est réalisée d’ici le premier semestre 2026, l’adoption d’un cadre global pour les actifs numériques pourrait devenir encore plus difficile dans le contexte des élections intermédiaires et des enjeux budgétaires. L’avenir de l’industrie cryptographique américaine dépendra des progrès réalisés dans les 6 prochaines semaines.